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REGISTRES D
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table Mons' le Greffier de nostre Ville, present porteur, suivant l'advis et deliberation du Conseil de ceste Ville, auquel nous avons donné charge de vous saluer pour et au nom du Corps et Commun de cested. Ville representée par nous et de vous faire quelque petit present dont nous avons prins la har­diesse de le charger, non que led. present soit digne de vous, mais pour porter quelque témoignage de la bonne volunté que nous avons eue et aurons perpetuellement a vous et auxvostres età tous ceulx qui vous apartiennent. S'il vous plaist nous com­mander quelque chose, vous nous trouverez pretz et promptz à vous fere cn tout ct partout ce qu'il nous sera possible, comme led. Greffier vous pourra dire plus amplement.
Madame,
"Nous prirons Nostre Createur vous donner sa grasse ct en santé bonne vie ct longue.
"A Paris, le vi0 Jourdé Novembre ii vc lui.
"Aros trés humbles obéissans serviteurs,
"Les Prevost des Marchans et Eschevins de la Ville de Paris."
il vous nomme et intitullé, comme la verité est, le bon protecteur, conservateur et deffenseur de la loy Chrestienne, du Royaulme et dc toute la chose publique, Nous sommes bien tenuz à Paris prier Nostre Seigneur vous donner, Monseigneur, en parfaitte santé, trés longue et trés heureuse vie.
"Monseigneur, "Mesd. Srsde la Ville de Paris m'ont aussi donné charge de saluer Madame la Connestable de par lad. Ville; ct luy faire le petit present de par icelle, qui est de confitures seiches et liquides, dragées, mace-pins, cotignas ct autres choses."
Led. Sgr luy feist responce qu'il remercioit bien fort Mess" de la Ville du bon voulloir et amytié qu'ilz ont envers luy, disant ces mots :
"Je vous advisé qu'ilz ne sauroient myeulx adres-«ser et ne doibvent, car ilz ont leur adresse telle "qu'ilz demandent à leur huys : aussi je suis de leur "cresme(1), et ilz sont mes bons amys et voisins, «non seullement de present, mais tant que je vi-"vray. Feu mon pere a tousjours esté leur bon voi-"sin el amy; je laisse des enffans ausquelz je com-r manderay et lairray en charge que cy après ilz "facent le settiblable".
Et sur ce, s'est departy et est allé disner; et a donné charge à ung de ses maistres d'hostel de con­duire led. Greffier en la chambre de Madame la Connestable, où i l'a saluée depar lad. Ville, et luy dit que Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins de la Ville de Paris se recommandoient trés hum­blement à sa bonne grace, el luy envoyoient par luy ce present qui n'estoit pas digne pour elle, mais seullement pour souvenance du 1res humble service, à quoy s'offroient envers elle mesd. Srs les Prevost et Eschevins.
(B fol. 248 r°.)
Lettres escriptes de par la Ville a Madame la Connestable, contenant ceste forme.
Madame, «Nous envoyons devers Monseigneur le Connes-
(A fol. 71 r°.)
Lad. Dame'2) feist responce qu'elle remercioit bien fort mesd. Srs de la Ville, et qu'ilz lui avoient faict ung trés beau el honnorable present qui venoit fort bien à propos pour traitter le Roy et sa compaignée, qui devoient le landemain arriver aud. Chantilly.
Ce faict, vint deux gentilzhommes dud. Sgr Con­nestable, qui menèrent disner led. Greffier; et fut bien traitté(3). A l'issue duquel disner, alla en la chambre dud. S-r qui estoit couché en son lict pour se raffreischir, et feist approcher led. Greffier, au­quel il dict ces molz :
" Greffier, mon amy, je vous prie faire mes reconi-"mandations à Mess" de la Ville de Paris, et que "les remereye de bon cueur du bon voulloir qu'ilz "ont envers moy«.
Lequel Greffier luy feist responce qu'il n'avoit garde de faillir, et que mesd. S" luy avoient donné
O En marge de ce passage, le Registre porte les mots suivants écrits d'une main plus moderne : il/or le Connestable dict h Cresme de Paris v.
(2)   Madeleine de Savoye (i5io-i586), fille de René, légitimé de Savoye, comte de Villars, gouverneur de Provence, grand-maître de France, etc, et de Anne Lascaris, comtesse de Tende; mariée par contrat du io janvier 1626, elle reçut en dot de sa tante Louise de Savoye, mère de François I", comtesse d'Angoulème, plusieurs baronnies, entre autres celle de Montberon, dépen­dant du comté d'Angoulème.
(3)   Ces derniers mots sont soulignés dans l'original et accostés en marge de la mention suivante : Nota : Bien traité, écrite, ainsi que la précédente, par une main du xvne siècle.